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L’exploitation pétrolière….à tout prix ?

Mardi le 29 janvier – Gaspé

Depuis quelque temps, le sujet sur toutes les lèvres dans la ville et un peu partout en province est, « Pétrolia vs le maire François Roussy », ou bien « David vs Goliath ». Comme vous le savez, la compagnie pétrolière Pétrolia est installée à Gaspé depuis quelque temps et prépare l’exploitation de sa « mine » d’or noir.

À la fin décembre, la mairie instaure un règlement sous la juridiction municipale afin de préserver nos sources d’eau potable soit en empêchant des forages d’avoir lieu à moins de quelques kilomètres d’une zone ayant un puits ou une source d’alimentation de l’aqueduc. Pour moi c’est très sensé étant donné la découverte de traces de pétrole dans les ruisseaux à Haldimand il y a quelques années.

Je partage ici une image présentée par la ville de Gaspé dans les derniers jours afin d’illustrer la proximité aux zones habitées, de conservation et touristiques à risque dans la région.

Image

Source : http://www.facebook.com/photo.php?fbid=421297464617660&set=a.421297451284328.53380270.413931952020878&type=1&theater

J’aimerais m’attarder à la question de la création d’emploi dans la région en lien avec l’exploitation pétrolière. Premièrement quand Pétrolia promet des centaines d’emplois dans la région, j’ai une certaine réserve face à ceci… il s’agît d’emplois pouvant être crées à partir du concept de l’exploration pétrolière, un peu comme certaines compagnies locales on fait pour les éoliennes, soit se spécialiser dans une petite partie du travail nécessaire. Considérant qu’en moyenne une PME en région emploie moins de 100 personnes (en Gaspésie, on pourrait se rapprocher d’une vingtaine), il faudrait carrément une EXPLOSION du milieu pétrolier pour réussir à embaucher autant de gens ici en région.
D’autres propos que j’ai entendus dans les dernières semaines sont au sujet des redevances dans le milieu pétrolier. L’argent que la compagnie de forage devra débourser n’ira pas directement à la municipalité, mais bien au gouvernement provincial et réparti dans le budget. Indirectement, Gaspé reçoit une part du gâteau… mais à quel prix? Devons-nous risquer la contamination de notre région qui est fortement axée sur le tourisme pour une poignée de dollars? Est-ce dans l’intérêt de notre région de viser sur un développement économique risqué plutôt qu’un développement durable?

Comme vous le savez peut-être, toute exploitation minière au Québec est soumise à la loi sur les mines datant de près de 130 ans déjà…d’une autre génération, d’un autre siècle…. depuis 130 ans les mentalités, les conditions et surtout l’occupation du territoire à changé. Une modification de cette loi pour la préservation de l’eau et du bien-être des habitants près des sites de forage est nécessaire!

Pour terminer, il faut se rappeler que le règlement à Gaspé n’empêche pas TOUT forage, mais l’éloigne des points d’eau pour conserver la nappe phréatique… soit moins de 20 % du territoire…

Le pétrole n’est pas une ressource qui doit absolument être exploité immédiatement…. le pétrole n’a pas de date de péremption, le temps n’est pas compté…. sauf dans le point de vue de la compagnie pétrolière qui ne pourra pas se remplir les poches immédiatement.

Par contre, soyons prudents… la polarisation du débat pourrait devenir malsaine pour notre région, que nous soyons pour ou contre l’exploitation pétrolière, il ne faut pas oublier qu’avant tout nous sommes Gaspésiens!

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À propos de gaspesien9112

Dave Ferguson, Gaspésien d'origine habitant Gaspé, Animateur radio depuis bientôt 7 ans

11 réponses à “L’exploitation pétrolière….à tout prix ?

  1. Réal Coté ⋅

    Bien d,accord avec toi mon Dave, mais quand tu parle de Gaspé axé fortement sur le touristes c’est vrai mes le touristes sa dure 45 jours alors pour faire progresser la ville de Gaspé sa prend autre chose, je suis totalement d’accord quil faut proteger les nappes d,eaux et les puits des citoyens faudrait etre fou pour vouloir le contraire, mes il faut aussi rester ouvert s’il est prouver hors de tout doute que le forage ce fait dans le respect et quil n’affecte pas l,eau potable alors je dit on y va, la ou sa me derange cest quil y a des gens qui ne veule rien savoir et il sont bornée que tout ce qui est mine ou petrole c’est dla merde alors il faut avoir quand meme une ouverture d’esprit, le puit de haldimand contien 8 a 10 millions de barils de petrole alors ces tres gros, la ou je veux en venir ces quil faut rester ouvert a ce projets si sa se fait dans les regles evidament.

    • Je suis entièrement d’accord, par contre il faudrait qu’on prouve hors de tout doute que l’exploitation serait 100% sans risque, chose qui pour l’instant n’est pas fait. Si la compagnie fait preuve de transparence ET prouve qu’il n’y a pas de risque alors, je n’y voit aucun problème.

  2. Axel ⋅

    … Encore faudrait-il que les habitants puissent tirer profit de cette exploitation, ce qui est loin d’être clair! Les quelques emplois seront très certainement donnés à des étrangers de la péninsule, car peu de personnes ont les qualifications requises. De plus, outre les retombées économiques, l’environnement est quand même l’enjeu par excellence de ce siècle. Si nous n’arrivons pas à nous maitriser, à maitriser notre attitude et notre emprise face à notre milieu, notre niveau d’incidence face à la nature, que nous continuons imperturbablement à exploiter celle-ci sans prendre conscience de l’impact que nous avons sur elle, et du même coup sur nous et les générations futures, qu’en est-il de cette belle qualité de vie? À qui pensons-nous lorsque nous parlons des impacts « minimes » de l’exploitation pétrolière? À nous ou à nos enfants? En tireront-ils autre chose que les miettes et les sols impurs à toute vie?? Je n’arrive pas à comprendre pourquoi tant de personnes se battent pour cette industrie alors qu’ils ne savent même pas où et comment ils vont pouvoir en tirer profit?? Et si c’est le cas, pour combien de temps?? Il serait temps de grandir et de non pas se limiter à notre génération, mais auX suivantes, soyons les modèles et non les fossoyeurs des générations futures s’il vous plaît…

    Enfin, il s’agirait de nous prendre en main au lieu d’attendre quelque industrie extérieure pour nous dire comment est-il possible d’utiliser (sagement) les ressources de notre milieu… La Gaspésie offre tellement de ressources différentes et variées, que l’on peut mettre en valeur de manières diverses, tout en préservant notre cadre de vie et la nature qui nous entoure! Oui, je suis certain que nous pouvons vivre dans un milieu sans avoir besoin de le détruire…

  3. Louis Vallée ⋅

    Très bon texte Dave.Plein de bon sens et de  »critiques »constructives.Merci.
    Louis Vallée

  4. Je suis à 100% derrière toi et nos compatriotes. On va la défendre notre terre. Non à l’exploitation anarchique de nos ressources!

  5. Serge Drouginsky ⋅

    L’article de Pierre Duhamel dans l’Actualité aura avec ses nombreuses réactions, à tout le moins permis et eut le mérite de donner une information plus complète sur le sujet, information que les personnes comme moi qui ne vivent pas dans votre belle région n’apprennent d’habitude que très partiellement. Je dois dire que j’admire vos réactions qui démontrent votre compréhension de la situation. Vous prouvez que les Gaspésiens peuvent intervenir très positivement sur leur environnement et veiller à un développement de cette région qui fasse la fierté de tout un chacun.

  6. Guillaume ⋅

    <> Exactement, et c’est d’autant plus vrai que le pétrole commence à ce faire rare sur terre. Dans 20 ans, il ne restera qu’une fraction des réserves actuelles de pétrole alors la valeur de cet or noir aura monté aumoins au triple de la valeur actuelle. Plus de valeur plus de redevance surtout qu’actuellement les compagnies réinvestissent leur profit afin de limiter au max le montant des redevances alors, il faut vraiment attendre une meilleure réglementation.

  7. Serge Drouginsky ⋅

    – Permettez-moi de reprendre part au débat.
    La fameuse question du « peak oil » nous est resservie régulièrement depuis le début des années 50 et officiellement ce pic aurait été atteint en 2010 pour les ressources conventionnelles. Ce chiffre repose évidemment sur la base des ressources connues. En mer du Nord notamment ce pic attendu n’est pas prévu avant 2050 et on va continuer d’extraire du pétrole bien après cette date mais moins vite. Pratiquement, cet argument a surtout permis d’augmenter régulièrement les cours du pétrole, cette appréciation constante des cours a fait les choux gras de la profession ; cela a favorisé l’exploiter des ressources qui n’étaient pas rentables tant et aussi longtemps que le prix restait bas ; ce fut le cas des sables bitumineux de l’Alberta qui depuis ont enrichi cette province…. Mais à quel coût environnemental ?

    Dans les faits nous avons, des ressources énergétiques de type fossiles auxquelles s’ajoutent des sources renouvelables à produire, jusque bien au-delà du 21ème siècle. Le pari que font les compagnies pétrolières québécoises, c’est que le cours de la matière première va continuer d’augmenter. Mais en bout de ligne, c’est vous et c’est moi et ce sont nous qui devons payer toujours plus pour cette ressource énergétique dont le seul défaut est d’être de plus en plus chère à produire. Cela a un impact sur votre pouvoir d’achat, pas seulement pour ce que vous payez à la pompe, cela est imparti sur l’ensemble des dépenses que nous devons faire dans la vie de tous les jours.

    J’aimerais bien savoir à combien revient un baril de pétrole extrait du puits Haldimand1 actuellement. Compte-tenu de la production (à ma connaissance pas plus de 40 barils/jour), combien d’années (ou de décennies) cela prendra-t-il pour son amortissement ? S’il devait apparoir qu’on extrait à terme une masse critique de pétrole en Gaspésie, à combien vont revenir les infrastructures pour acheminer le produit brut vers les raffineries ? Que devra-t-on payer pour ce genre de partenariats publics et privés ?

  8. Mike Doyle ⋅

    Je ne peux pas être contre la vertue mon Dave mais je me pose une question…. Si la ville est tellement pour la protection de l’eau potable, pourquoi que c’est le troisième dépotoir qu’ils aménagent aux abord d’une rivière à saumon. Pire encore, quand le nouveau dépotoir hi-tech déborde, il vont dumper le lexiviat directement dans le St-Laurent. Après de tel agissements comment peut-on vraiment prétendre être pour la protection de l’eau potable???

  9. Mike Doyle ⋅

    Je ne peux pas être contre la vertu mon Dave mais je me pose une question…. Si la ville est tellement pour la protection de l’eau potable, pourquoi que c’est le troisième dépotoir qu’ils aménagent aux abords d’une rivière à saumon. Pire encore, quand le nouveau dépotoir hi-tech déborde, ils vont dumper le lexiviat directement dans le St-Laurent. Après de tels agissements comment peut-on vraiment prétendre être pour la protection de l’eau potable???

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